Bienvenue sur l'écho du champ de bataille

« L’écho du champ de bataille » a pour ambition de vous proposer à la lecture et à la réflexion des contributions sur des sujets relatifs à la stratégie, à l’art opératif, à la tactique et plus largement sur l’engagement et l’emploi des armées. Ces brèves, illustrations ou encore problématiques vous seront livrées sous le prisme de l’histoire militaire mais aussi sous celui des théâtres d’opérations d’hier, d’aujourd’hui, voire de demain. Des enseignements de grands chefs militaires de toutes les époques aux analyses polémologiques prospectives en passant par la doctrine ou aux équipements des forces françaises et étrangères. Gageons que vous aurez plaisir à lire ces articles ou à contribuer au débat. Bonne lecture…

dimanche 27 décembre 2015

Bonne fêtes et heureuse année 2016 avec "L'écho du champ de bataille".

 
En cette fin d'année et deuxième semaine de fêtes, je vous présente mes meilleurs vœux pour cette année 2016 qui va s'ouvrir, qu'elle soit riche en réflexions historiques, lectures et autres expositions et ce, afin que vous puissiez découvrir, ou redécouvrir, des auteurs, des combats oubliés, des évènements militaires majeurs comme des études doctrinales d'hier et d'aujourd'hui.
Pour "l'écho du champ de bataille", ce fut une année riche et toujours aussi passionnante avec, en particulier, la parution de mon ouvrage sur l'engagement de la France dans la bande sahélo-saharienne, témoignage de mon expérience à la tête du groupement tactique Koufra en 2014. Vous avez ainsi été nombreux à m'accompagner dans cette aventure lors de la sortie du livre : "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc" aux éditions Nuvis, le 6 novembre dernier, http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2015/11/mon-ouvrage-vient-de-paraitre-larmee.html.
Nous atteignons aujourd'hui plus de 380 000 vues sur le blog avec, en moyenne de 250 à 600 connexions quotidiennes. Je vous remercie donc pour votre fidélité et l'intérêt porté à mes posts. Cette année 2015 a d'ailleurs vu certains articles

dimanche 20 décembre 2015

Les cabinets insolites du Musée de l'armée : l'histoire en miniature.


 
En ce début de période de fêtes, les Invalides proposent de nouvelles salles permanentes dans les cabinets insolites et inédits du musée de l'Armée. Il s'agit de mettre en scène la grande histoire au travers de celle des miniatures mais aussi des instruments de musique qui ont rythmé le pas des soldats tout au long des époques, des carnyx antiques aux cuivres modernes en passant par les chapeaux chinois.

dimanche 13 décembre 2015

Stratégie, tactique et asymétrie : petit clin d'oeil à Star Wars...


Dans quelques jours, un nouvel épisode de la saga "Star Wars" (ou guerre des étoiles en français) va sortir sur les écrans. Cet évènement cinématographique a bien évidemment pour moi une résonnance toute particulière car je fais partie d'une génération qui a été bercée par les aventures spatiales des Jedi face aux forces obscures de l'empereur dans une galaxie très lointaine. Mais, au-delà de cette "madeleine de Proust" aux parfums de science-fiction, cette filmographie est vu par de nombreux observateurs, à l'instar du philosophe Raphaël Enthoven, comme un récit mythologique d'aujourd'hui, sorte d'Illiade, d'Odyssée voire de "théologie de la guerre" contemporaine. On y retrouve en effet les chroniques de héros légendaires, d'expéditions lointaines, de stratagèmes militaires, de forteresses imprenables et de batailles épiques.
Aussi, fort de ce constat, il m'est apparu effectivement, en revoyant quelques images des trilogies successives comme en feuilletant des ouvrages consacrés à cette histoire imaginaire, que Star Wars pouvait aussi nous permettre de mettre en perspectives certains enseignements stratégiques ou tactiques, et en particulier le principe d'asymétrie qui oppose  les rebelles aux troupes impériales.

mardi 8 décembre 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : décembre 1915.

 
Le lieutenant-colonel Rousset, contemporain du premier conflit mondial, poursuit son remarqable travail d'analyse et de description des combats qui durent maintenant depuis plus d'un an. En ce début décembre 1915, les températures très froides semblent avoir figé les lignes de front dans les Balkans, sur la Vardar, comme à Monastir, où les Allemands et leurs alliés bulgares ne parviennent pas à emporter la décision. Malgré tout, le général Sarrail (corps expéditionnaire français d'Orient) doit commander une nouvelle retraite à ses hommes faute de coordination viable avec les Serbes en déroute. Sur le front russe, la réduction du front de bataille allemand, obtenu grâce à la conquête de la Pologne, a permis à Berlin de basculer 11 divisions vers le front occidental, soient 180 à 200 000 hommes.

mercredi 2 décembre 2015

2 décembre, Austerlitz, 2 S pour les Saint-cyriens, plus qu’une date, des symboles pertinents hier et aujourd'hui.


Aujourd’hui 2 décembre 2015 est commémoré le 210ème anniversaire de la bataille d’Austerlitz qui a bien évidemment une portée particulière pour l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr dont la création, en 1802, est l’œuvre de Napoléon Bonaparte et dont le premier mort pour la France le fut lors des combats aux pieds du plateau de Pratzen.
Mais au-delà de cette évocation historique et de ces traditions très importantes pour les officiers issus de cette école, Austerlitz demeure dans la mémoire collective des Français et dans les fondements de l’histoire militaire un symbole, une référence, une certaine idée de la France, un esprit qui transcende les époques.

dimanche 29 novembre 2015

Exposition sur la première guerre mondiale : le génie.

 
A quelques jours de la célébration de la Sainte-Barbe, patronne des artilleurs et des sapeurs, il vous reste jusqu'au 18 décembre pour visiter l'exposition temporaire du musée du génie d'Angers consacrée aux missions de ces hommes entre 1914-1918.
Le premier conflit mondial a plus que jamais mis en évidence les savoir-faire de cette arme, en particulier durant la période de la guerre de position. Que l'on pense aux tranchées, au obstacles du Non Man's Land, aux abris ou aux sapes, la "sape" a été de toutes les batailles.
Une occasion donc de découvrir ou de redécouvrir l'art des tranchées, les photographies d'époque ou les équipements développés, par ces bâtisseurs, au cœur des combats, sous le feu au plus près du front. 

dimanche 22 novembre 2015

Engagement de l'armée pour la sécurité intérieure : l'exemple suisse. (2/2)

 
Nous poursuivons l'étude de l'expérience suisse de maintien de l'ordre intérieur par les forces armées. Nous avons vu que, malgré les efforts de formalisation dans l'engagement des soldats sur le territoire national, les troubles des années 1920 et de 1932 ont montré des failles dans la doctrine, le commandement, les responsabilités et l'emploi d'unités issues des forces terrestres.
Les chefs militaires décident d'abord d'améliorer le dispositif fédéral de mobilisation avec un ordre de bataille à deux , avec un effort : dans la préparation (instruction de commandants de division en janvier 1933), dans la rapidité de déploiement et dans l'identification d'éléments de réserve.

mercredi 18 novembre 2015

Engagement de l'armée pour la sécurité intérieure : l'exemple suisse. (1/2)

 
Des historiens suisses ont, au début des années 2000, réfléchi sur l'engagement des forces armées sur leur territoire national. Dans ce cadre, Pälvi Conca-Pulli, chercheur à l'université de Neufchâtel est revenu, dans son ouvrage "Soldats au service de l'ordre public" sur la politique du maintien de l'ordre intérieur au moyen des militaires suisses entre 1914 et 1949.
Si une part importante de son analyse traite des difficultés juridiques et politiques en lien avec la constitution confédérale suisse ainsi que des rivalités entre gouvernement central et autorités locales, certaines conclusions font écho aux engagements contemporains des forces armées pour assurer la sécurité des Etats.

mercredi 11 novembre 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : novembre 1915.

 
Aujourd'hui, nous commémorons le 97ème anniversaire de l'Armistice, occasion de revenir vers les écrits du lieutenant-colonel Rousset, ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre et commentateur du premier conflit mondial de 1914 à 1918. Son journal nous apporte ainsi les enseignements, les perceptions et le détails des opérations d'un contemporain averti.
Le 2 novembre 1915, les Allemands relancent leurs offensives en Artois et en Champagne notamment sur la butte de Tahure qui reste allemande mais où les combats sont furieux avec l'emploi de gaz et d'appui feux importants. Les Britanniques reçoivent le général Joffre afin de mettre en place un plan capable d'éviter l'écrasement de la Serbie d'autant que les Bulgares n'ont pas encore fait leur jonction avec les troupes allemandes.
En France, un nouveau gouvernement dirigé par Aristide Briand se met en place en déclarant que "la France ne s'arrêtera dans la lutte que lorsque l'ennemi aura été réduit à l'impuissance".

vendredi 6 novembre 2015

Mon ouvrage vient de paraître : "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc". ACTUALISE

 
Une fois n'est pas coutume, votre blog vous présente mon premier ouvrage "L'armée française au Tchad et au Niger, à Madama sur les traces de Leclerc" aux éditions Nuvis. Il s'agit du récit de l'opération que j'ai eu l'honneur de commander à la tête du groupement tactique Koufra formé de militaires français, tchadiens et nigériens.
Cet ouvrage est disponible à l'achat sur le site de l'éditeur dans la rubrique Domaine/pensée stratégique : http://www.nuvis.fr/#!product/prd1/4403134491/l'arm%C3%A9e-fran%C3%A7aise-au-tchad-et-au-niger
 
 
Nommé "Barkhane" cette opération, conduite au printemps 2014, allait devenir, quelques mois plus tard, le nom du déploiement français dans la bande sahélo-saharienne.
Il s'agissait, à partir de N'Djaména, de rejoindre le nord du Tchad avec une colonne motorisée  pour y installer une base opérationnelle temporaire puis de reconnaître Madama et sa région. Ce fort est aujourd'hui devenu un poste avancé de l'armée française dans sa lutte contre les groupes armés terroristes grâce, en partie, aux femmes et aux hommes d'un groupement tactique franco-nigéro-tchadien inédit. Ce dernier aura rempli une mission difficile et cruciale, dans des conditions extrêmes, en relevant notamment un remarquable défi logistique . Ce succès est dû à leur professionnalisme exemplaire et à une planification interarmées rigoureuse partagée par les trois pays engagés.
Cette mission aura également suivi les traces du général Leclerc qui, à la tête d'une poignée de Français libres, allait débuter son extraordinaire épopée pour libérer la terre de France sur les mêmes pistes et dunes de ces confins africains.
Préfacé par le général de division Marc Foucaud, commandant à ce moment là l'opération Serval, ce témoignage est également l'occasion de partager avec vous le quotidien des militaires français sur les théâtres d'opération ainsi que des réflexions sur l'histoire militaire, la tactique, le lien armée-nation ou les femmes dans les armées.

Ci-dessous, pour en savoir plus, le détail de la 4ème de couverture. Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

mercredi 4 novembre 2015

Exposition temporaire au musée de la Grande Guerre de Meaux.

 

 
Jusqu'à fin décembre 2015, le musée de la Grande Guerre de Meaux propose une exposition temporaire iconoclaste et originale associant histoire militaire et talents artistiques. Elle montre notamment que la guerre, malgré sa violence, ramène tout à l'humain.
Lucien Durosoir (1878-1955), est l’un des plus grands violonistes français au début du XXe siècle.
Mobilisé en 1914, il sera tout au long de la guerre brancardier puis colombophile, mais surtout, son talent musical va l’amener à faire partie, à la demande du Général Mangin, d’un quatuor de musique de chambre rassemblant notamment André Caplet (alto) et Maurice Maréchal (violoncelle). Une situation exceptionnelle sur le front qui l’amènera à écrire dans une de ses lettres : « mon violon m’a sauvé la vie ».
Après la guerre, Lucien Durosoir ne se produit plus, mais compose. Sa musique a été retrouvée il y a dix ans par son fils. Le Durosoir compositeur, totalement méconnu, est donc une découverte majeure dans l’histoire de la musique française du XXe siècle.
Cet incroyable destin, est le fil rouge de l’exposition 2015 du Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux. Celle-ci abordera à travers une sélection de portraits de musiciens issus des différents pays belligérants, comment le conflit a pu influencer leur rapport à la musique. Vie fauchée ou transformée par la mutilation, composition nourrie du fracas et du chaos de la guerre, silence assourdissant témoin du traumatisme de l’expérience… sont les conséquences immédiates d’un art confronté à la destruction. Une exposition à ne pas manquer.

jeudi 29 octobre 2015

Enseignements opérationnels : bataille de Turkheim - 5 janvier 1675.


 
Situation générale :

Le 5 janvier 1675, la bataille de Turckheim met aux prises Henri de la Tour d’Auvergne, maréchal de Turenne, à une armée austro-brandebourgeoise menée par Frédéric Guillaume, électeur de Brandebourg. Au-delà de l’originalité d’une manœuvre conduite en plein hiver, par sa rapidité, elle assure à Turenne le départ précipité d’Alsace des armées coalisées jusqu’à la reprise des combats, l’été suivant, qui verra le décès du maréchal.

Le cadre de la guerre de Hollande offre l’occasion à Louis XIV, qui s’est assuré de la neutralité de l’Empereur et s’est allié aux Anglais, de mettre en œuvre sa politique d’agrandissement du royaume en attaquant, en 1672, les Provinces-Unies, c’est à dire les Pays-Bas espagnols. En dépit de réels succès et de la conquête de nombreuses places, la volonté de résistance de Guillaume d’Orange et de son peuple émousse, tout au long de l’année 1673, l’élan offensif des troupes du royaume de France.

vendredi 23 octobre 2015

Artillerie et instruction militaire opérationnelle : le renouveau.


 
Les théâtres d’opérations contemporains soulignent la nécessité de mettre en œuvre des missions d’assistance militaire opérationnelle (c’est-à-dire l’aide technique et l’expertise auprès d’armées étrangères) rénovées et en adéquation avec le besoin dans les conflits du moment. En outre, ces déploiements interviennent, dans un contexte multinational voire international en Coalition (Irak), auprès de partenaires régionaux (Afrique) ou à proximité d’autres armées (Syrie et Russie).
Ainsi, les principaux acteurs observés engagent, aux côtés de leurs équipes de « conseillers », des capacités nationales de feux indirects. Complémentaires de l’appui air-sol et des hélicoptères, ces moyens issus de l’artillerie, déployés en permanence, participent à la sécurité et à la liberté d’action de détachements (de conseil ou de mentoring pour utiliser le terme anglo-saxon) souvent légers et parfois isolés.

dimanche 18 octobre 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : octobre 1915.

 
Nous suivons, comme chaque mois, le commentaire averti mais toujours très subjectif du lieutenant-colonel Rousset commentant le premier conflit mondial avec son regard acéré d'ancien professeur de tactique de l'Ecole supérieure de guerre.
En octobre 1915, il relate tout d'abord l'offensive de Champagne que nous savons aujourd'hui être un semi-échec offensif  par le nombre de tués et de blessés. Et pourtant, sans le recul de l'histoire, cette attaque majeure apparaît comme une victoire. Le général Joffre d'ailleurs adresse le 3 octobre l'ordre du jour suivant : "le commandant en chef adresse aux troupes sous ses ordres l'expression de sa satisfaction profonde pour les résultats obtenus jusqu'à ce jour dans les attaques. 25 000 prisonniers, 350 officiers, 150 canons, un matériel qu'on n'a pu encore dénombrer, sont les trophées d'une victoire dont le retentissement en Europe a donné la mesure. Aucun des sacrifices consentis n'a été vain. Tous ont su concourir à la tâche commune. Le présent nous est un sûr garant de l'avenir. Le commandant en chef est fier de commander aux troupes les plus belles que la France ait jamais connues."

mercredi 14 octobre 2015

Un petit coup de pouce à un jeune bloggeur...


Il y a quelques mois un jeune auteur écrivait un article pour votre blog et analysait une œuvre cinématographique en lien avec l'histoire militaire en nous livrant son regard sur la guerre http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2014/10/regard-de-collegien-sur-la-guerre.html.
Aujourd'hui, ce lycéen vient d'ouvrir son propre blog (et le compte Twitter lié) et nous invite à partager ses réflexions sur l'histoire, l'art, la littérature, l'actualité. Son premier article traite des origines de la démocratie, des responsabilités au cœur de la Cité, en particulier celles relatives à la désignation et au contrôle des stratèges dans la Grèce antique.
Gageons donc qu'il nous donnera sa vision particulière sur des sujets en lien avec les thématiques de "L'écho du champ de bataille" et qu'il suscitera l'intérêt des lecteurs. N'hésitez pas à lui donner un coup de pouce et à lire ses différents posts sur  http://lescarnetsdunlyceen.blogspot.fr/
 
Bonne chance à lui et longue vie au "Carnet d'un lycéen".

jeudi 8 octobre 2015

Relecture de "La guerre moderne" de Roger Trinquier.


Alors que l’on voit aujourd'hui les forces terrestres davantage impliquées sur le territoire national et, sur les théâtres d’opérations, au moment où on observe un adversaire asymétrique de plus en plus important, la relecture de « La guerre moderne » de Roger Trinquier remet en perspective les opérations de contre-insurrection et l'action militaire dans les villes. Cette analyse des années 1960, très imprégnée des guerres coloniales en Indochine et en Afrique du Nord, garde, en grande partie, toute sa justesse et sa pertinence pour les situations conflictuelles contemporaines.
La préface de François Géré rappelle également les fondements qui doivent irriguer le lecteur dans son approche de l'ouvrage tout en rappelant d'abord l'affirmation de l'irrégularité comme caractère dominant de la guerre et ce,  avec un ennemi qui considère que "tout est permis" en dépit des conventions, des règles et des normes propres à nos sociétés.

samedi 3 octobre 2015

L'écho du champ de bataille à l'honneur dans la revue Guerres et batailles n°8

 
Comme en février dernier j'ai contribué à un numéro du magasine "Guerres et batailles" aux éditions Oracom qui vient de sortir dans les kiosques. Ce numéro traite principalement de la bataille d'Azincourt et de la fin de la guerre de Cent ans qui aura secoué la France du Moyen Age et transformé l'armement et les modes d'action militaires de cette époque charnière en matière de polémologie. Dans ce cadre, mon article revient sur les conséquences de cette bataille et de cette période sur l'art de la guerre.

dimanche 27 septembre 2015

Retour sur la bataille de la Somme : juillet - novembre 1916.

 
Rien ne prédisposait la Somme, plus particulièrement une zone s'tendant de Bapaume à Chaulnes en passant par Albert, Bray sur Somme, Péronne et Rosière en Santerre, à devenir une bataille symbolique de la première guerre mondiale. Et pourtant, si en 1914, ce secteur ne devait être dans les plans de chaque belligérants qu'un simple axe de passage, il fera l'objet en 1916, puis en 1918 (offensives Ludendorff), de combats terriblement meurtriers mais aussi d'une réelle coopération opérative entre Britanniques et Français qui se battaient jusque là côte à côte sans réelle coordination.
Elle est également le symbole de la dimension mondiale de ce conflit puisque des soldats français, allemands, britanniques, canadiens, australiens, néo-zélandais, sud-africains, indiens ou africains s'y battront sans compter les travailleurs chinois, indochinois ou malgaches.

dimanche 20 septembre 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : septembre - octobre 1915.

 
Nous renouons avec le lieutenant-colonel Rousset, ancien professeur de tactique et commentateur averti du premier conflit mondial. En ce début d'automne 1915, l'optimisme de notre témoin, quoiqu'érodé, demeure présent. Le 05 septembre 1915, avec la guerre qui s'éternise, l'autorité civile est réinvestie des pouvoirs de police qu'elle exerce normalement en temps de paix. Cela montre un réinvestissement du politique dans la conduite de la guerre même si les armées gardent certains pouvoirs comme l'interdiction de publications de nature à "entretenir le désordre" ou le pouvoir de "faire les perquisitions de jour et de nuit dans le domicile des citoyens".

samedi 12 septembre 2015

De la philosophie essentielle du commandement militaire...

 
Le colonel de gendarmerie Philippe Cholous a publié un essai aux éditions Lavauzelle, "De la philosophie essentielle du commandement militaire", avec l'ambition de montrer la spécificité du commandement et ce, en particulier, face aux nouveaux dogmes du management qui cherchent à s'imposer comme symboles de modernité. Son propos s'appuie sur son expérience de soldat mais également sur de nombreuses références philosophiques. On est parfois désarçonné par son style et l'enchaînement des idées mais, force est de constater, que son pari est réussi tant l'exception du chef militaire et du métier de soldat finit par émerger.
Dès les premières pages, l'auteur définit le chef en empruntant la phrase du célèbre stratégiste disparu Hervé Coutau-Bégarie "à savoir celui qui doit être capable de raisonner et de décider, au lieu de se contenter d'exécuter."

lundi 7 septembre 2015

Exposition à venir : chevaliers et bombardes.


A partir du 7 octobre 2015, le musée de l'Armée aux Invalides vous propose une nouvelle exposition sur un moment charnière de l'histoire militaire. Il s'agit de montrer les profondes mutations dans l'art de la guerre apparues entre la bataille d'Azincourt et celle de Marignan en 1515. En effet, c'est lors de cette période que la chevalerie française, en particulier, voit la fin de sa supériorité au bénéfice de nouvelles manœuvres et de nouvelles armes suivie de l'avènement de l'artillerie face au retour de l'infanterie de choc. Ainsi, il s'agira de comprendre les évolutions des armures, des bombardes et autres bouches à feu comme des armes du fantassins dans des combats bien différents de ceux du Moyen Age mais proches des épopées de l'Antiquité. Le feu met fin au choc avant que celui-ci ne soit rénové. C'est surtout le rôle du chef, du capitaine et du tacticien qui renaît sur les champs de bataille au travers des figures illustres comme Jeanne d'Arc, François Ier ou Du Gesclin. Le commandant de la troupe n'est plus seulement un exemple de bravoure, il pense la guerre, il innove dans ses modes d'action, cherche à surprendre l'adversaire et fait émerger de grands principes pérennes. En bref, une exposition à ne pas manquer et dont les détails sont disponibles sur le lien http://www.musee-armee.fr/programmation/expositions/detail/chevaliers-et-bombardes-dazincourt-a-marignan-1415-1515.html.
Bonne visite...

mercredi 2 septembre 2015

A lire ou à relire : Napoléon, chef de guerre, Jean Tulard.

 
Cette réédition 2015 de l'ouvrage de Jean Tulard, sur celui qu'il qualifie d'un des plus grands capitaines de l'histoire, permet d'aborder Napoléon selon son côté "guerrier" considérant que "le militaire l'emporte toujours en prestige sur le civil, même si finalement celui-ci a le dernier mot". L'auteur divise son étude selon des domaines touchant à la préparation de la guerre, à sa conduite et, après les victoires, aux défaites et à leurs raisons. Des annexes complémentaires permettent au lecteur de rentrer dans le détail des batailles, des spécificités dans l'emploi des différentes armes ou des subtilités des modes d'action de l'Empereur.

jeudi 27 août 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : août- septembre 1915.


Le lieutenant-colonel Rousset nous fait partager, comme à l'accoutumée, son analyse des combats du premier conflit mondial qu'il suit au fil des communiqués et des informations qu'il glane auprès de ses camarades des états-majors. Depuis plusieurs semaines, son propos se fait plus hésitant devant les rapports des différentes batailles dont les bilans sont mitigés et à l'image de la violence mais aussi de l'immobilisme de la guerre de position. De la même façon, alors qu'il comptait, comme las Britanniques et les Français sur la puissante armée russe, il découvre les faiblesses de celle-ci dans le domaine de la logistique, de l'artillerie et de l'équipement en général et ce, malgré un courage au feu indéniable. En effet, les troupes du Tzar n'ont de cesse de reculer et de perdre le terrain conquis au début de la guerre face aux coups de boutoir allemand et austro-hongrois.

mardi 25 août 2015

Hommage à la 2ème DB, libération de Paris le 25 août 1944.


Comme tous les ans, votre blog rend hommage à la 2ème DB qui libéra Paris aux côtés des résistants de la capitale et de sa population soulevée. Cette année encore, 71ème anniversaire, de nombreuses commémorations auront lieu pour rendre hommage à ces Français libres qui n'ont pas hésité à prendre les armes et à refuser la défaite. Une leçon de courage. Pour en savoir plus, lire également les articles de l'Echo du champ de bataille :
 
 



mercredi 19 août 2015

La tactique « françoise » : retour sur la pensée militaire de 1792, réformer pour gagner (2/2).


Nous poursuivons notre étude des thèses tactiques de monsieur Dupuy-Lauron, maréchal des camps et des armées. Il cherche, au travers de ses réflexions, redonner de la vigueur à l’art de la guerre français et ce en rénovant sa singularité tout en le basant sur les principes généraux éprouvés par l’histoire militaire.
Son originalité vient de sa pensée « interarmes » qui l’anime, de sa rupture avec les dogmes de son époque et de la recherche d’une bonne adéquation entre les formations adoptées et l’ennemi, le terrain ou les circonstances.
Aussi, prône-t-il la création de « régimenteries », c’est-à-dire un corps composé de plusieurs régiments et fort de 5000 hommes (comme les légions romaines si chères à l’auteur).

samedi 15 août 2015

La tactique « françoise » : retour sur la pensée militaire de 1792, réformer pour gagner (1/2).

Cet article en deux parties nous ouvrira aux considérations des tacticiens qui profitent de la révolution française pour remodeler la manière d’ordonnancer des unités aux effectifs bien plus importants (c’est le début des armées de masse et de la Nation en armes décrites par Clauzewitz).
En effet, la réflexion sur l’art de la guerre n’a jamais quitté l’armée française, y compris pendant la troublante période révolutionnaire, où toutes les institutions ont été fragilisées, transformées et parfois laissées dans le dénuement le plus totale, mais qui a vu tout de même émerger des idées novatrices.

samedi 8 août 2015

La tactique des barbares : entre Antiquité et Moyen-Âge.


C’est une période peu évoquée que les invasions barbares à la fin de l’Antiquité. Pourtant ce sont elles qui, notamment, vont sonner le glas de la puissance romaine tant militaire que politique. Pourtant, en matière de tactique, il apparaît intéressant de revenir sur les modes d’action de ces belligérants, souvent définis comme cruels et violents mais dont la mobilité, l’organisation et les armes apportent de larges enseignements opérationnels. Pour étudier cela, nous nous appuierons donc sur les travaux et écrits du capitaine Edouard de la Barre Duparq qui, en 1860, faisait paraître son « histoire de l’art de la guerre » évoquant, dans son ouvrage les premiers peuples (chinois, assyriens, égyptiens, juifs, perses) jusqu’aux conflits du XIXème siècle en passant par les Romains, Philippe Auguste, Frédéric Le Grand et Napoléon.
 
La période étudiée traitant des « barbares » est une passerelle militaire entre l’Antiquité et le Moyen-Age. L’auteur débute son étude par les Germains dont il vante les vertus guerrières toutes entières tournées vers la guerre. Leur arme principale demeure la framée, « sorte de demi-pique légère garnie d’une pointe de fer courte et aigue qui peut s’utiliser de près ou se dardait de loin ».

lundi 3 août 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : juillet -août 1915.


 
Le lieutenant-colonel Rousset poursuit son analyse à chaud des combats du premier conflit mondial, notamment la nouvelle étape que représente l’été 1915. Dans ce cadre, il met en exergue les combats des Vosges, en particulier ceux de La Fontenelle où les Français s’emparent d’une puissante position allemande adossée à un observatoire naturel. Néanmoins, de son récit, on comprend que ce succès est surtout dû à l’échelle réduite de l’objectif, à la concentration d’artillerie consentie sur ce point particulier et à un assaut brutal de l’infanterie qui fera plus de 800 prisonniers allemands. Cette victoire localisée n’a que peu d’effet opératif mais démontre que la puissance du feu indirect conjuguée à un assaut dans la foulée peut avoir des résultats tactiques probants. Pétain fera d’ailleurs de même en 1917 à la Malmaison après le désastre du Chemin des Dames. En attendant, l’état-major se contente de ces avancées limitées.

mercredi 29 juillet 2015

A lire : Opération Serval, notes de guerre du général Barrera


Début 2013, la France s’engage au Mali pour neutraliser les djihadistes qui menacent Bamako et surtout les populations civile de cette région du Monde. Le général Barrera prend le commandement de l’échelon tactique aéroterrestre de cette opération. Il nous livre aux éditions du Seuil son témoignage de chef et d’homme sur cette épopée moderne dans un milieu désertique extrême et face à un adversaire asymétrique d’un nouveau type, fanatisé, drogué mais qui demeure redoutable dans les actions de combat, les embuscades ou les attaques suicide.
Cet ouvrage souligne les qualités techniques, tactiques et humaines du soldat français héritier d’une longue histoire militaire, fier de son engagement pour la Nation et endurant face à l’adversité, au milieu du désert, dans des combats au corps à corps au milieu de rochers brûlants.
Le livre met parfaitement en évidence, avec des termes accessibles à tous les profanes des questions de défense, l’importance de la préparation opérationnelle, de l’entraînement, des réflexes acquis en métropole pour s’adapter à la menace, à la mission et aux circonstances.

mardi 21 juillet 2015

Exposition aux Invalides : dans l'honneur et par la victoire.


Du 27 juillet au 04 octobre 2015, le musée de l'Armée propose une nouvelle exposition consacrée à l'ordre de la Libération (en image la croix de la Libération), cette prestigieuse décoration qui n'aura été décernée qu'à 1 038 personnes, 5 villes et 18 unités combattantes. Elle a récompensé ceux qui ont œuvré pour la France Libre et contribué à libérer le territoire national par leur engagement, leurs actions ou leurs faits d'armes. L'unique grand maître de cet ordre combattant aura été le général De Gaulle lui-même qui a créé cette décoration le 16 novembre 1940 à Brazzaville au Congo afin de distinguer la poignée de Français qui avaient décidé de poursuivre la lutte.
Les unités concernées sont issues des trois armées avec, en particulier des régiments provenant de la 2ème DB (501ème RCC, RMT) qui s'est illustrée de l'Afrique à Strasbourg ou de la 1ère BFL (13ème DBLE) héroïne de Bir Hakeim. Le sous-marin Rubis comme le régiment de chasse Normandie-Niemen l'ont également reçue. A noter que Winston Churchill se l'est vue décerner par le général De Gaulle lui-même, illustrant par là la complicité et les liens particuliers qui ont unis, malgré les tempêtes, les humeurs et la guerre, ces deux hommes charismatiques.
Quant aux villes concernées, elles représentent des libérations ou combats symboliques comme ceux de Paris ou du maquis du Vercors.
Une exposition qui revient donc sur les qualités de résilience et de résistance des Français libres et de nos forces armées face à la défaite de 1940 comme nous le décrivons dans certaines articles de votre blog, à lire ou relire ci-dessous. Bonne visite à ceux qui pourront en profiter.
 

mercredi 15 juillet 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : juin-juillet 1915.


 
Nous renouons avec notre témoin privilégié du premier conflit mondial, le lieutenant-colonel ROUSSET, ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre avant 1914.
Début juin, les forces italiennes paraissent progresser avec rapidité dans le Trentin alors que les Russes font effort pour reprendre l'initiative. L'auteur condamne, à juste titre, l'ordre du consul allemand à Caïffa en Syrie qui a fait profaner les tombes des soldats de Bonaparte. Il diabolise ainsi, une fois de plus, un ennemi déjà accusé d'utiliser les gaz asphyxiants en dépit de toutes les lois de la guerre ou qui bombarde la cathédrale de Reims (la propagande s'intensifie encore un peu plus). La traduction d’un carnet d’un officier allemand mort semble montrer un effondrement moral des soldats adverses d’un bataillon, déduction généralisée à toute l’armée allemande sans précaution aucune par notre observateur averti, les troupes françaises étant persuadé d’avoir une supériorité notable en la matière avec l’héritage d’Ardant du Picq. L'effet dévastateur de la doctrine de l'offensive à outrance du début du conflit se poursuit.

mercredi 8 juillet 2015

L’impasse de la doctrine du général Douhet et ses effets sur l’arme aérienne.


 
C’est en relisant une vieille édition de 1935 du livre du colonel P.Vauthier préfacée par le maréchal Pétain sur la doctrine de guerre du général Douhet que j’ai pu constater combien cette vision de la guerre avait ces limites. En effet, il est curieux de constater que cet art de la guerre douhetien, malgré ses imperfections flagrantes, a influencé la guerre aérienne, d’abord pendant le second conflit mondial avec les abus du Bomber command allié (destruction des villes d’Hambourg et de Dresde) mais également dans les conflits qui ont suivi. Comment donc ne pas évoquer, dans ce cadre, les campagnes aériennes massives qui ont été lancées sur le Nord-Vietnam dans les années 1960-1970 (opération Rolling Thunder), la première guerre du Golfe en 1991, les bombardements pour le Kosovo en 1999, en Libye en 2011 ou les frappes du moment contre le groupe Daech. Ces opérations à dominante aérienne ont toute pour point commun d’avoir eu des résultats mitigés mais d’être les héritières de la pensée du général italien Douhet. Nous allons donc essayer de comprendre pourquoi les principes de ce théoriciens des années 1920-1930 ont eu et continuent d’avoir un tel impact sur la polémologie occidentale et nous analyserons ces concepts pour tenter de définir les faiblesses intrinsèques à ce corpus doctrinal.
 

dimanche 5 juillet 2015

Exposition "coups de pinceaux" au musée de l'artillerie.

 

A l'occasion de la fête de Wagram à l'école d'artillerie de Draguignan, commémoration annuelle qui salue cette victoire de Napoléon sur les Autrichiens en 1809 grâce notamment à la "grande batterie" de 112 canons concentrés par l'Empereur, le musée de l'artillerie a inauguré, le 2 juillet 2015, l'exposition "Coups de pinceaux, des peintres montrent la guerre".
Comme l'explique le conservateur dans le journal de l'exposition, les œuvres permettent d'insister sur le lien entre l'artiste et la guerre avec la volonté de "créer sans trahir" en gérant le rapport entre la réalité et l'esthétisme et ce, tout en témoignant du pire sans tomber dans la laideur. Les nombreuses peintures ou sculptures présentées montrent l'évolution de cet art en lien avec l'histoire militaire, depuis les scènes antiques glorifiant les héros jusqu'aux opérations contemporaines en passant par les monarques mis en scène pour des raisons politiques ou les illustrations des combats des deux conflits mondiaux.

jeudi 25 juin 2015

Idéé de visite pour cet été : le musée militaire du Périgord.

 
Comme nous le faisons régulièrement, nous vous proposons une exposition ou un site à découvrir ou à redécouvrir. Cette semaine, il s'agit du musée militaire du Périgord à Périgueux. C'est Napoléon Magne, un ancien officier, qui a contribué à le créer il y a plus de 100 ans. Sur le site internet la richesse des collections est mise en avant pour retracer l'histoire militaire au travers des armes, des tenues, des reconstitutions et le récit de batailles et diverses campagnes :" Sa création a été voulue, dès 1909, par les membres de la Fédération des Vétérans de la Dordogne, qui après avoir fondé une association à cet usage (JO du 15/01/1911) ont  pu ouvrir l’établissement dès la fin de l’année 1911. Le terme "Vétéran" désignait alors les anciens soldats des guerres de l’Empire, d’Algérie, de Crimée, d’Italie, du Mexique, de 1870-71 et des conquêtes coloniales : Tonkin, Afrique, Madagascar, ... Il a été supplanté après 1918 par le terme « Ancien Combattant »
Les fondateurs avaient assisté à la création du Musée de l’Armée aux Invalides et suivi  son développement. Leur  réflexion  sur les excès de la centralisation qui faisaient, déjà, tout converger vers la capitale, avait suscité chez eux le désir de créer à Périgueux, un endroit où seraient recueillis et exposés  les souvenirs militaires intéressants, ayant appartenus aux unités, villes, châteaux ou personnages ayant des attaches avec le Périgord.
L’idée a été fort appréciée par de nombreuses familles, heureuses de voir conserver dans la région la mémoire de leurs ancêtres et appréciant l’hommage public qui leur serait rendu. Des milliers d’objets de toute nature, armes, uniformes, décorations, documents, ont été ainsi confiés au musée depuis 1911.
Les conflits qui ont suivi, 1914/1918, 1939/1945, Indochine, Algérie ont apporté leur lot de souvenirs, parfois remis par l’Etat comme les canons et mitrailleuses, prises de guerre sur l‘ennemi d’alors, mais aussi et toujours par les combattants eux-mêmes ou leur famille.
Et le flot ne tarit pas puisque ces dernières années, des souvenirs d’ex Yougoslavie ou de la guerre Du Golfe ont été inscrits à l’inventaire du musée."
Bonne visite donc pour ceux qui croiseront la route de riche musée.

mercredi 17 juin 2015

Waterloo 1815 / 2015 : bicentenaire et enseignements tactiques.


Cette fin de semaine va être marquée par la commémoration du bicentenaire de la bataille de Waterloo (18 juin 1815) en Belgique, combat qui a vu la défaite de Napoléon face à une armée de Coalisés. Cette confrontation appartient, comme Austerlitz, Wagram ou la campagne de Russie à la légende napoléonienne qu'elle a participé à construire. En effet, il nous d'abord faut rappeler cette citation de Chateaubriand qui montre combien ce chef politique et militaire a joué un rôle majeure dans l'histoire de notre pays, au-delà des polémiques qui émergent ça et là : " Vivant il avait manqué le monde, mort il le conquiert".
De nombreux médias vont ainsi revenir sur le déroulement de la bataille mettant à profit les nombreux ouvrages, reconstitutions ou muséographies dédiés à cet évènement. Mon propos ne sera donc pas de relater une fois de plus le déroulement exacte de Waterloo mais d'essayer de mettre en exergue des enseignements tactiques tant du côté français que de celui des adversaires de l'armée impériale.
 

jeudi 11 juin 2015

Vietnam : la bataille d'Hamburger Hill - mai 1969

 
Aujourd'hui, votre blog vous propose de nous intéresser à une bataille dans un environnement contre-insurrectionnel. "Hamburger Hill" au Vietnam en 1969 permet de montrer la difficulté pour une armée conventionnelle de s'engager face à un adversaire asymétrique en associant objectifs tactiques et stratégiques dans un contexte médiatique contraint. Un retour d'expérience intéressant donc à analyser.
 
Contexte général :
Les Etats-Unis sont engagés sur le terrain depuis 1965 face au Vietcong et à l'armée nord-vietnamienne.
Début 1968 a eu lieu l’offensive du Têt, victoire militaire américaine, mais qui a accru le ressentiment de la population à propos de l’engagement des Etats-Unis au Viêtnam, de son efficcacité et de ses objetcifs. Les reportages des médias renforcent le doute au sein de la population américaine sur l’issue de cette guerre et le sens qui lui est donnée.
1969 : C'est l'année de la vietnamisation, avant le départ des troupes US, c'est à dire le renforcement et la consolidation de l'armée sud-vietnamienne sensée prendre les opérations à son compte. Il s'agit d'une étape de la guerre de contre-insurrection  correspondant à la re-construction des outils étatiques d'un pays en phase dite de stabilisation.. Les forces américaines sont néanmoins à leur maximum avec près de 543 000 soldats déployés.
Cette affrontement tactique va néanmoins démontrer l'inadéquation des objectifs aux différents niveaux et les faiblesses du déploiement américain face aux insurgés vietnamiens.
 

samedi 6 juin 2015

6 juin 1944 - la petite histoire derrière la grande.

En ce jour de commémoration du débarquement en Normandie qui préfigurera la bataille de France et la Libération, il s'agit bien sûr de rendre hommage à ces soldats, marins et aviateurs alliés qui se sont battus lors de cette confrontation cruciale face aux troupes de l'Axe. Mais cette formidable opération "Overlord" n'aurait pas pu être pleine et entière sans l'apport de la France Libre (FFL et FFI) qui s'est engagée pleinement dans ces combats. Ces soldats de l'ombre, irréguliers ou conventionnels ont ainsi contribué à l'application des principes mis en œuvre pour mener au succès : surprise, liberté d'action, déception et économie des moyens.

lundi 1 juin 2015

L'artillerie dans les guerres de contre-insurrection : le livre...


Cet ouvrage vient de paraître aux éditions Economica et a été rédigé par des officiers de l'école d'artillerie de Draguignan sous la direction du général Benoît ROYAL commandant cet organisme de formation de l'armée de Terre.
Je suis ravi de saluer cette publication à deux titres, d'abord comme artilleur mais aussi parce que je suis cité dans le livre avec, en particulier, la référence à votre blog "L'écho du champ de bataille".
Le manuscrit apporte un nouvel angle de réflexion sur les conflits contemporains dits asymétriques en mettant en avant l'artillerie et ses effets pour participer à la lutte contre les combattants irréguliers. Enrichi de nombreux témoignages, le propos met en perspective les principes de la guerre contre-insurrectionnelle avec des exemples extraits des engagements français au Liban, dans les Balkans mais également en Afghanistan ou en Afrique. Les appuis feux coordonnés par les artilleurs comme les diverses opportunités offertes par les canons, mortiers, roquettes, radars ou drones de l'artillerie offrent ainsi un large spectre de solutions à l'interarmes pour neutraliser, renseigner, dissuader, appuyer, influencer, ratisser tout en participant aux actions de déception et à ce que l'on nomme les stratagèmes dans l'art de la guerre. Cette arme a su évoluer avec le contexte opérationnel, les innovations technologiques pour demeurer un atout incontournable pour le chef.
D'ailleurs, certaines thématiques évoquées et largement démontrées dans ce livre avaient également fait l'objet de divers articles sur votre blog :
 
 
-l'artillerie et son rôle dans la dissuasion conventionnelle. http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/lartillerie-un-outil-cle-dans-le-cadre.html
 
 
-l'artillerie et ses moyens dans la déconfliction des effets sur le champ de bataille. http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/02/le-systeme-martha-la-solution.html

-l'artillerie dans une nouvelle perspective d'emploi par les forces conventionnelles de stratégème et de manoeuvres de déception.
http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2011/11/pour-revenir-sur-la-citation-de-cette.html

 
Un livre donc à lire pour découvrir, ou redécouvrir cette fonction opérationnelle et ses potentialités dans les engagements d'aujourd'hui et de demain.
Bonne lecture...






mercredi 27 mai 2015

De la victoire..., perspectives historiques et réflexions contemporaines. (2/2)

 
Nous poursuivons notre réflexion initiée sur la victoire.
 
Les fondements de la victoire
La victoire, nous l’avons vu au travers de l’histoire, repose sur des fondements et des invariables quelle que soit l’époque ou l’influence culturelle. Elle joue un rôle dans la vie de la Cité au sens large, dans l’institution militaire mais aussi dans la perception de l’ennemi ou de la conflictualité.
En effet, être victorieux, c’est :
- Protéger
Une population, des ressources ou des frontières et au-delà, c’est préserver la souveraineté d’un Etat, son indépendance, ses idées, ses valeurs ou un patrimoine, physique ou immatériel.

vendredi 22 mai 2015

De la victoire…, perspectives historiques et réflexions contemporaines. (1/2)


 
Aujourd’hui, que l’on parle de conflits, de guerres, d’opérations ou encore d’interventions militaires, nombre d’observateurs sont souvent prompts à parler d’enlisement, d’échec, de violence contenue, d’instabilité chronique et d’efforts inutiles. Le terme de victoire semble avoir disparu du vocabulaire, cette notion ne correspondant plus aux engagements contemporains  rythmés par des missions dites de stabilisation, d’interposition comme de gestion de crise.
Pourtant, la recherche de la victoire, ce nouvel équilibre politique et militaire, a toujours accompagné la conflictualité tout au long de l’histoire et permet de donner un sens à l’action, notamment à celle des forces armées (mais pas seulement) déployées face à un adversaire ou, plus globalement, à une menace. Il apparaît donc intéressant de s’interroger sur les raisons de ce désintérêt pour la victoire ou pour sa remise en question permanente tout en mettant en perspective cette évolution par l’examen de ce mot au travers des exemples du passé.
Nous montrerons que si les manifestations de la victoire ont évolué avec la guerre et l’accélération du temps, les fondements de ce vocable sont restés les mêmes et doivent être exploitées, dans tous les domaines, pour vaincre et légitimer le combat et ce, du niveau stratégique au niveau tactique.

jeudi 14 mai 2015

La première guerre mondiale au jour le jour : avril -mai 1915.


 
Suivons une fois de plus le récit quotidien du lieutenant-colonel ROUSSET, ce contemporain du premier conflit mondial, spectateur averti (ancien professeur de tactique à l'Ecole supérieure de guerre) des combats que se livrent les Nations en guerre en ce début de XXème siècle.
A compter du 17 avril, dans les Carpathes ce sont quatre millions d'hommes qui sont aux prises sur un front de 300 km, les Allemands tentant de soutenir un allié autrichien en grande difficulté. Les combats s'annoncent rudes dans un terrain transformé par le printemps en un mas de boue où il est très difficile de circuler (et de ravitailler les unités). Les Russes, sur le plan stratégique, peuvent néanmoins compter exceptionnellement sur le port d'Argangelsk libéré très tôt des glaces  cette année, les ports de la Baltique et de la Mer Noire n'ayant plus de débouché. Le 18 avril, le célèbre pilote Roland Garros est fait prisonnier après avoir dû poser son appareil derrière les lignes allemandes suite à une panne moteur. En Belgique, les forces allemandes reprennent l'offensive et utilisent une fois de plus, dans la région de Ypres, des gaz de combat. Ces derniers créent encore le désordre chez les Français (ce qui montre une incapacité à prendre en compte cette menace et à trouver des parades efficaces) qui abandonnent leurs positions. Notre témoin décrit ensuite longuement la lutte dans les "sapes de la Fontenelle" décrivant cette guerre souterraine où les travaux des sapeurs tentent de faire obstacle à l'ennemi et où l'horreur des explosions créent la terreur chez les combattants.

vendredi 8 mai 2015

8 mai 2015 : hommage aux combats français de la seconde guerre mondiale, Monte Cassino 1944.



En ce jour de commémorations des 70 ans de la fin de la seconde guerre mondiale, votre blog revient sur les combats d'Italie où les soldats français deforces françaises libres se sont illustrées par une vision tactique originale et une opiniâtreté au combat. En ce jour de mémoire, rendons hommage à ceux qui ont défendu la liberté, sur terre, sur mer et dans les airs.
 
Contexte général :
 
04 janvier 1944 – 22 mai 1944
 
Les Alliés cherchent à rompre la ligne Gustav qui barrait la péninsule italienne et ainsi à s’ouvrir la route de Rome. La hauteur sur laquelle est érigé le monastère (435 mètres) est la clef du massif du Monte Cassino comme une position naturelle très forte. Pendant trois mois, le général  allemand von Senger und Etterlin avait renforcé ses défenses, et le solide 14ème Panzerkorps, ainsi que des bataillons d’élite de parachutistes et d’infanterie, en font un point d'appui fortifié. 
Les opérations préliminaires contre la ligne Gustav commencent au début de janvier 1944, par une succession de raids de 3000 bombardiers alliés contre les voies de communication allemandes. Le 15 janvier, le 2e corps américain du général Keyes, appuyé par le corps expéditionnaire français, s’empare du Mont Trocchio, un bon poste d’observation face à la ligne défensive ennemie.